Marie-Soleil Michon à Tout le monde en parle

Inspirée par Marie-Soleil Michon (Mise-à-jour le 4 mars)

(Pour ceux et celles qui ont déjà lu le texte original, rendez-vous plus bas, j’ai ajouté une couple de paragraphes…)

Lundi matin le 3 mars 2014. Je regarde mon fil d’actualités Facebook, puis sur Twitter. Je constate que j’ai manqué quelque chose la veille. En fait, je n’écoute jamais Tout le monde en parle en direct, je l’enregistre ou je l’écoute sur tou.tv. Ce matin, je lis beaucoup de commentaires sur le passage de l’animatrice Marie-Soleil Michon. Je prends mon déca (je ne bois plus de café) et je m’installe pour la regarder sur tou.tv.

Premièrement, Marie-Soleil, tu es magnifique. Je ne te connais pas beaucoup, je n’ai pas beaucoup regardé tes émissions ( je suis honnête). Je ne te dirai pas « Je t’aime beaucoup comme animatrice » et tout le tralala. Malheureusement, c’est faux. J’aurais aimé te découvrir avant ça, je l’avoue. Pas à cause de ton passage à Tout le monde en parle. Bien. En fait, si. Mais pas parce que tu as parlé d’infertilité. J’écoute peu d’émissions avec des animateurs et du « blabla ». Question de goûts. Ce n’est pas pour rien que j’écoute en différé, j’avance les bouts qui m’intéresse moins.
Sauf que, j’ai été conquise par toi avant même que Guy te pose LA question qui lui a valu une réponse de 15 minutes (peut-être plus, ils coupent des bouts au montage…).

Enfin bref, ce matin, tu m’inspires. J’ai créé mon site web et mon blog parce que j’ai des choses à dire au sujet de l’infertilité. Parce que je veux que « tout le monde en parle ». Parce que je veux casser les foutus tabous. Parce qu’on en parle vraiment pas assez. Parce qu’on en parle tout croche.

Depuis quelques semaines, je trouve vraiment ça difficile de vivre avec l’infertilité. Tellement, que je commence à écrire un article, mais je n’arrive jamais à le finir. J’ai une tonne de brouillons qui dorment dans ma boîte d’articles. Pourtant, habituellement, quand je vis des grosses émotions, des émotions difficiles, j’écris… seigneur… j’écris… J’ai écrit aussi ! Mais je n’ai rien fini !
Et ce matin, à cause de tes mots, j’écris cet article d’une « traite ». Même mon clavier trouve que je tape trop vite. D’ailleurs, je m’excuse si j’ai laissé des fautes d’orthographes ou de frappes en chemin…

L’infertilité est un bien grand mot pour beaucoup de gens. Il fait peur ou il est mal interprété. Il fait peur aux couples qui essaient d’avoir un enfant et qui se demandent « et si ? ». Et il est mal interprété par les gens qui ne côtoient pas cette réalité.

Moi, j’ai toujours dit que tout vient par étapes dans le grand monde de l’infertilité. Lorsqu’on commence à essayer d’avoir un enfant, on ne se doute pas de comment ça va se passer. Heureusement, pour la grande majorité, le dénouement souhaité arrive rapidement. Pour d’autres, l’inquiétude grandit. Les mois passent, puis les années. Un moment donné, on décide de consulter. Pour voir. Mais veut-on vraiment savoir ? Ça fait peur. Que va-t-on apprendre ? Et si on nous disait que l’un de nous deux est carrément stérile ? Et puis, on se lance. On passe des tests. On nous dit les résultats, on nous propose des solutions. L’étape est passée et on se dit que ce n’était pas si pire. Non. Parce que c’était ce qu’il fallait faire. On le savait bien.

Dépendamment des résultats des tests, les prochaines étapes ne sont pas les mêmes pour tous alors je vais continuer mon texte dans ce que je connais : ma propre histoire.
Lorsque nous avons appris que les résultats des spermogrammes étaient mauvais, nous étions dévastés. On partait d’un projet commun qui était plaisant à quelque chose qui devenait un peu plus compliqué. Ça fait peur. Qu’est-ce qui va se passer ? Est-ce que ça va fonctionner ?

Honnêtement, nous n’étions pas chaud à l’idée d’aller en clinique de fertilité. Aujourd’hui, je dirais que nous n’étions tout simplement pas prêts. C’était une grosse étape à franchir. Nous avons laissé passer du temps. Le couple a failli se briser. Puis, un jour, nous étions prêts. Nous avons tenté les inséminations artificielles. Rien. Prochaine étape ? Fécondation invitro. Oh la… j’ai tellement pesé sur le « break»… Ça fait peur. On nous explique comment se passe une FIV et ouf, non non… je ne veux pas faire ça… me faire moi-même des injections dans le ventre… la ponction ovarienne…
Encore une fois, on a pris le temps. Le temps de se faire à l’idée. De toute façon, il y avait une file d’attente, notre tour n’était pas tout de suite. Et vu les mauvaises spermogrammes, on devait passer d’autres tests pour savoir si nous avions des problèmes génétiques car nous allions faire une FIV ICSI (par micro-injection). Cette attente des résultats pré-FIV ne nous a pas du tout ennuyés. Nous ne sommes pas ce couple qui « veut-commencer-tout-suite-ça-presse-on-a-assez-attendu ». Et pourtant, nous, on essaie d’avoir un premier enfant depuis 2006…

Première FIV ICSI. Première injection de stimulation ovarienne. « Y’a rien là » finalement. Même pendant 10 jours, ça été « Y’a rien là ».
Ponction ovarienne. Là j’avoue, je suis vraiment chanceuse. Les médicaments font vraiment effets. Je ne sens absolument rien. Euh, pas vrai. À part les piqûres pour geler le vagin au tout début. Mais après ça va. Je sens qu’ils font quelque chose et je vois les instruments, mais je n’ai pas mal. Je regarde le petit écran et j’écoute l’embryologiste faire le décompte des ovules récoltés.
Je n’irais pas jusqu’à dire encore « Y’a rien là ». Je ne recommencerais pas ça à tous les jours, mais disons que ça été moins pire que ce que j’appréhendais.
Étape par étape. Quand on regarde le mont Everest du plus bas, on se dit qu’il va être « vraiment quelque chose à monter ».
Mais parfois, on chute. On redescend le mont. Un peu.
L’appel de l’embryologiste au jour 3 qui annonce qu’aucun ovule n’a fécondé. Aucun embryon.

Attends un peu. On doit recommencer tout ça ? Ah non… non non… je ne veux pas… Ça fait peur. Parce que là, non seulement on doit tout refaire, mais on va maintenant avoir peur du fameux « jour 3 ». Parce que si on nous annonce encore aucun embryon, il va peut-être falloir songer à un donneur de sperme. Outch, je vous jure, ça ne fait pas du bien à entendre, même si le médecin tente de se faire rassurant en nous disant qu’avec le nouveau protocole, il y a de bonnes chances que l’on obtienne des embryons.
Cette fois, l’étape a quand même été rapidement gravie. On a pas pesé sur les breaks, on a pesé sur l’accélérateur. Il fallait recommencer au plus sacrant. Malgré les immenses craintes.
Les injections et la ponction ovarienne ? Même pas peur ! Allez-y, faites ce que vous avez à faire. Pendant la ponction, le Docteur me trouvait quasiment trop zen. Et lui, il faisait des blagues Docteur Clown. Rire dans un bloc opératoire, le soluté dans le bras, les jambes dans les airs, des instruments dans le vagin… c’est spécial. Mais au moins, ça laisse un bon souvenir de quelque chose de « pas de le fun ».
La ponction c’est le jour 1. Alors le jour 3 arrive quand même vite. Ah, pas tant ! Si la ponction se passe bien, l’après ponction est plutôt inconfortable. Douleurs au ventre et difficultés à aller aux toilettes.
Et l’angoisse. L’angoisse de l’appel de l’embryologiste. J’ai stressé toute la nuit. Je n’ai pas dormi. Finalement, ça sonne. Il y a eu fécondation. Une première victoire ! 6 embryons. Maintenant, on essaie de les rendre au jour 5 pour un transfert.
Nous avons bien eu un transfert d’embryon au jour 5. Négatif.
Quelques mois plus tard, on a tenté un transfert d’embryons congelés. Malheureusement, ils n’ont pas survécu à la décongélation.

Bon sang. Le sommet du mont est encore bien loin…
En ce moment, on est en processus de changement de clinique. On se dit qu’on a pas envie de refaire une FIV en ce moment. Je m’imagine entrain de faire encore une ponction et je ferme les yeux « non maman, c’est un cauchemar » (et pourtant, elles se sont bien passées mes ponctions, alors imaginez celles pour qui c’est l’enfer). Je nous imagine encore au fameux jour 3 à attendre l’appel, encore une fois stressés, non, angoissés. Et avec la dernière expérience s’ajoute la crainte de se rendre à un transfert d’embryon congelé et, qu’encore, celui-ci soit annulé.
La nouvelle clinique me propose de faire une hystéroscopie parce que je me suis fait insistante sur les spottings de sang que j’ai en permanence 1 semaine avant mes règles. (Désolée des détails…) Ma nouvelle gynécologue va aller voir s’il y a un problème là. Eh oui, encore des instruments dans la vagin avec les jambes dans les airs.
On booste mon chum aux vitamines Fertil-Pro. Après, on va tenter quelques cycles d’inséminations artificielles, question de ne pas se faire peur tout de suite avec la FIV, et se sentir prêts. (En espérant fort ne pas avoir à se rendre jusque là…)

Passer 8 ans sans avoir le moindre test de grossesse positif. Aucun. Jamais. Même pas un faux positif. Il me semble que ce n’est pas rien. 8 ans dans une vie. Je ne comprends pas comment je peux encore avoir du mal à faire comprendre nos émotions dans notre entourage. On chuchote dans mon dos que ça m’atteint trop. On a pris la décision de ne plus en parler. On a voulu être ouvert vu qu’ils nous disaient qu’ils oubliaient ce que l’on vit. On avait décidé de tout raconter. C’est fini. Je n’ai plus envie de leur en parler. C’est plate hein.

« Mais si c’est si difficile, pourquoi faire tout ça ? ».
Quoi ? Ça vous dérange que l’on vous dise que c’est difficile de faire des traitements de fertilité ? Bah oui, c’est difficile. Physiquement et psychologiquement. Ce n’est pas magique. On ne va pas là-bas pis c’est réglé.
Comme Marie-Soleil a dit « C’est dur les traitements de fertilité et peu de gens le disent. C’est un peu normal parce que c’est tellement un grand rêve d’avoir des enfants qu’on passe par-dessus ça. Je pense que quand ça fonctionne spécialement, on oublie un peu. On est tellement heureux du dénouement qu’on oublie la souffrance qui est derrière. »

Là où je veux en venir avec mon article qui part du témoignage de Marie-Soleil Michon, c’est que la décision d’arrêter tout processus pour avoir un enfant, elle ne se prend pas du jour au lendemain. Ce n’est pas non plus au début du processus que l’on se dit « ah bin tiens, on en aura pas d’enfant, c’est tout ! ». On passe par tout ça une étape à la fois. Pour certains, c’est parce qu’ils sont arrivés au bout des essais et qu’il n’y a plus rien à faire. Pour d’autres, c’est un choix qu’ils ont décidé de faire pour différentes raisons.

Nous, on se disait qu’on ne voulait pas adopter. L’idée a germé. Si ça ne fonctionne pas au naturel, peut-être que oui. Sauf que c’est TELLEMENT compliqué et ça semble décourageant… Avis à ceux qui trouve la solution « Adopte » facile, non non, ça ne l’est pas du tout.
Et quand je vois Marie-Soleil parler de la décision de son couple de vivre sans enfant, j’admets avoir un recul « ah non ! non… ça ce n’est pas pour nous ». Bin non, c’est normal. Nous n’en sommes absolument pas rendus là. Étape par étape.

Je ne connais pas cette prise de décision et ce qui l’entoure. Je ne peux que m’imaginer à quel point ça a pu être difficile émotionnellement. C’est un cheminement. Un long cheminement…
Je ne peux qu’avoir de la compassion pour Marie-Soleil et d’autres couples qui ont eu à faire face à cet ultime étape.
Ils ont franchi le mont Everest. Pas de la façon souhaitée au départ. Ils y ont mis leur drapeau.
Et maintenant, ils arrivent à voir le paysage de l’autre côté de la montagne…

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Mardi 4 mars 2014. Hier matin, j’ai écrit le texte ci-haut. Ce matin, j’ai des choses à ajouter. Parce que mes pensées se sont envolées un peu plus loin. Parce que j’ai lu des propos qui m’ont donnés des frissons dans le dos. J’ai lu beaucoup de support, beaucoup d’empathie, beaucoup de « je vis la même situation que toi et je te remercie d’en parler » au sujet de l’entrevue que Marie-Soleil Michon a donné à Tout le monde en parle.
Il y a toujours un autre côté de la médaille. Toujours quelques personnes qui disent des conneries. Comme tous les couples infertiles, Marie-Soleil en a eu son lot de réflexions et commentaires blessants et parfois même insultants.

Donc.
J’ai lu des femmes qui ne veulent pas d’enfant remercier Marie-Soleil de dire que ce n’est pas une obligation d’en avoir.
J’ai lu que son entrevue a dû aider plusieurs femmes à ne pas céder à la pression sociale d’avoir des enfants à tout prix.
J’ai lu que Marie-Soleil encourage les femmes à ne pas avoir d’enfant et qu’il ne faut pas s’étonner de la décroissance démographique au Québec.

Minute. Il me semble que ce n’était pas vraiment ça le but de ses propos.
J’ai vu une Marie-Soleil sereine avec la décision de son couple de ne pas poursuivre les démarches pour avoir un enfant. Ils sont allés en infertilité, ils ont tenté (de ce que j’ai compris) de faire des démarches pour adopter.
Elle a vécu certains traitements de fertilité. Puis, ils ont décidé d’arrêter. Pour sa santé physique et émotionnel. Elle a vaguement effleuré le sujet comme quoi c’est très difficile les traitements de fertilité. Elle a vécu tout ça. Elle a vécu l’espoir que ça pourrait fonctionner. Elle souhaitait avoir un enfant. Cette magnifique femme a dû faire une croix sur le désir de son couple de fonder une famille.

C’est totalement différent d’une femme qui décide volontairement de ne pas avoir d’enfant. Voyez-vous la nuance ?
Oui, elle dit que c’est possible d’être sereins dans le choix de ne pas avoir d’enfant. Mais il y a tout un cheminement derrière ce choix qui s’est quand même un peu imposé à elle…

Oui, il y a des femmes et des hommes qui font le choix qu’ils n’auront pas d’enfant alors qu’ils pourraient en avoir. Ils en ont bien le droit.
Ça ne date pas d’hier non plus. Ce n’est pas la même chose que de vouloir des enfants, que d’être infertile et au bout du compte, décider de faire le douloureux deuil que ça n’arrivera jamais.

www.emotionsinvitro.com

Les ami(e)s qui ont des enfants

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Parfois, l’infertilité créée un isolement. On le dit souvent, l’entourage ne comprend pas toujours ce que nous vivons. La famille, pour les liens de sang, demeure dans nos vies malgré tout. Mais l’amitié…
À la base, c’est compliqué l’amitié lorsque nos ami(e)s ont des enfants et pas nous. Ajoutez l’ingrédient « infertilité » dans la marmite et là, ça devient franchement complexe.

Nous étions une petite gang d’amies qui nous suivions depuis le Cegep, nous continuions de nous voir plusieurs fois par année, avec nos conjoints. Trois d’entre nous sommes tombées en essais bébé en même temps en 2006. Une est tombée enceinte en quelques mois, la deuxième après deux ans et moi, moi, j’attends toujours…

Petit à petit une distance s’est créée entre nous. C’est de ma faute, c’est de la leur ? Les premières années d’infertilité, j’ai eu beaucoup de mal à dealer avec mes émotions. Aussi, quand ma deuxième amie est tombée enceinte au bout de deux ans, la première tombait enceinte pour la deuxième fois en même temps. Je n’étais plus dans le coup ! Elles allaient vivre leur grossesse ensemble, parler de leurs petits maux, le magasinage, etc. À bien y penser, je pense que c’est à partir de là qu’un réel fossé s’est créé. Parce que je n’ai jamais vu ces deux bébés-là en personne.
Nous avons tenté un repas « sans enfant ni conjoint » il y a quelques années, mais il n’y a pas eu de suite… Je n’ai pas trop compris pourquoi.

Notre grand ami commun Facebook est merveilleux, il permet de voir tout ce que nos amis font ! Je sais qu’elles font des activités ensemble, entre familles, et avec d’autres familles.
Nous sommes tous humains, alors je l’avoue, ça me donne un sacré pincement au coeur quand je vois ça !
Puis, je me dis « ouin, mais ce serait difficile pour toi de te tenir qu’avec des familles »…
Comprenez-moi bien. Je comprends parfaitement que des familles souhaitent faire des activités avec d’autres familles.

Tout ceci amène à une réflexion sur moi-même. Je sais que je suis quelqu’un du type solitaire. Je n’ai pas besoin d’avoir des nouvelles d’une personne à tous les jours. Je n’ai pas besoin d’être hyper entourée de plein de monde. Il y a des personnes qui comptent dans ma vie, que même si on ne se parle pas pendant X temps, savent qu’ils sont importants et vice-versa.
Alors, je suis sans doute pour une grande part dans cet éloignement amical. Voyant le fossé se creuser tranquillement, j’ai laissé faire. De plus, je ne suis pas une personne qui cherche la confrontation…
Et si le fait que je vive de l’infertilité soit difficile pour elles ? Ou elles pensent que c’est trop difficile pour moi ? Mais pourquoi on en a jamais parlé ! Au moins, on saurait ce qui s’est passé…
Le plus bizarre, c’est que ma deuxième amie, qui est tombée enceinte après 2 ans d’essais, est en essais pour un second enfant depuis plusieurs années. Alors, je me dis qu’elles ne veulent pas me voir ?!…

Aies-je envie de les revoir ? Je ressens un malaise à me dire que je pourrais les revoir, tenter de renouer… La distance qui s’est installée pourrait être étrange, selon moi.
Mais dans les faits, sommes-nous en chicane ou on vit juste maintenant nos vies chacune de notre côté ? (enfin, pas toutes chacune de notre côté… c’est pas mal que moi qui est de mon côté…)

La Différence de Mes Aïeux

Au début décembre 2013, le groupe québécois Mes Aïeux lance une chanson inédite « La Différence ». Elle a été écrite spécialement pour Fibrose Kystique Québec et tous les droits ont été donnés à la cause. La fille d’un des membres du groupe est atteinte de la fibrose kystique.
En écoutant les paroles, je n’ai pu m’empêcher de faire un parallèle avec ce que nous vivons en infertilité et j’ai vu plusieurs autres personnes faire le même parallèle que moi. Disons que c’est plus flagrant à partir du deuxième couplet.

J’ai donc pensé la partager ici. Écoutez les paroles et/ou lisez-les…

Mes Aïeux – La Différence
Malgré les histoires de fantômes
Gravées au creux des chromosomes
Malgré le souffle qui s’fait plus court
Chaque fois qu’l’horloge rajoute un tour
J’avance
Malgré la peur qui m’pogne aux tripes
Quand il est question de statistiques
Quand les bonnes nouvelles tournent mal
Dans un corridor d’hôpital
J’avance
Malgré les coups durs, les bad lucks
Tous ceux qui m’passent jamais la puck
J’veux pas rester clouer sur le banc
J’m’en vas jouer dans la cour des grands
J’avance

D’un pas, d’un petit pas
D’un tout petit pas à la fois
Le pied derrière qui passe devant
Qui emboîte le pas pis qui recommence
Un coup d’pied dans l’cul d’la malchance
Un pied de nez à l’échéance
Encore un pas, un petit pas
Petit pis géant à la fois
Les pieds qui piaffent, les pieds qui dansent
À contre-pieds, à contre sens
Faisant fit de la différence (de l’indifférence)
Seront au fil de la distance (Feront)
La différence

Avec ton coeur cousu au mien
Dans la courte-pointe du destin
Pour me ramasser à la p’tite cuillère
À chaque fois qu’j’ai la langue à terre
J’avance
Avec les coups de main, les coups de pouce
Qui rendent la pente un peu plus douce
Qui mettent du gaz dans le réservoir
De mon corps qui carburent à l’espoir
J’avance

D’un pas, d’un petit pas
D’un tout petit pas à la fois
Le pied derrière qui passe devant
Qui emboîte le pas pis qui recommence
Un coup d’pied dans l’cul d’la malchance
Un pied de nez à l’échéance
Encore un pas, un petit pas
Petit pis géant à la fois
Les pieds qui piaffent, les pieds qui dansent
À contre-pieds, à contre sens
Faisant fit de la différence (de l’indifférence)
Seront au fil de la distance (Feront)
La différence

J’ai du courage dans mes bagages
Un sourire pour calmer l’orage
Ton épaule pour les jours de peine
On verra bin où ça nous mène

D’un pas, d’un petit pas
D’un tout petit pas à la fois
Le pied derrière qui passe devant
Qui emboîte le pas pis qui recommence
Un coup d’pied dans l’cul d’la malchance
Un pied de nez à l’échéance
Encore un pas, un petit pas
Petit pis géant à la fois
Les pieds qui piaffent, les pieds qui dansent
À contre-pieds, à contre sens
Faisant fit de la différence (de l’indifférence)
Seront au fil de la distance (Feront)
La différence

(Paroles transcrites en écoutant le vidéo, je suis désolée s’il y a des erreurs… edit : petites erreurs corrigées, merci Johan !)

Chanson en vente sur différentes plate-forme à un faible coût.
Zik.ca
itunes

Objectif : courir un 10 km en 2014 et porter des leggings de taille médium

Au printemps 2012, dans un élan un peu… euh, beaucoup trop fou dans mon cas, j’ai accepté de m’inscrire à une course le septembre suivant, un 5 km pour moi, c’est bien assez… Au moment de l’inscription, je n’avais jamais couru by-the-way !

Je n’ai jamais été une sportive dans l’âme. J’étais nulle dans les sports à l’école. Seule chose que je faisais, c’était de me promener en vélo. Alors la course, oh la la… Mais tout le monde s’inscrivait… je me suis dit « pourquoi pas ! ».

J’ai fait ma première course de pratique seulement pendant l’été (mais je faisais du vélo). Évidemment, j’alternais énormément entre la marche et la course. Si quelqu’un n’a jamais fait de sport de sa vie, ce serait bien étonnant qu’il puisse courir 5 km « one shot » ! Au début, ça me prenait donc environ 1h complété un 5 km. Sauf que la progression s’est fait très rapidement. Je faisais un parcours d’environ 5km sur la piste cyclable. Cet été 2012, je le faisais en 48 minutes, puis vers la fin de l’été j’étais autour de 45 minutes et moins.

Ma première course chronométrée officielle organisée était en début septembre 2012. Un parcours de 5 km plat. Je l’ai fait en 40 minutes 59 secondes ! Wow, je m’étais donnée ! Puis, deux semaines plus tard, une course plutôt de type « cross-country » (Dans le bois et il y avait un peu plus de côtes à monter, mais à descendre aussi !) et je l’ai terminée en 40 minutes 13 secondes !
Évidemment, j’alterne toujours entre marche et course pendant le 5 km, mais je fais davantage de courses.

Pendant l’hiver, j’ai continué à en faire, oui ! Parfois, je ne faisais que prendre de grandes marches aussi, juste pour rester active. Je crois que cela m’a permis de m’améliorer ! Souvenez-vous mon parcours sur la piste cyclable que je faisais la première fois en 1 h, puis autour de 45 minutes… en mai 2013, je l’ai fait en 37 minutes 46 secondes ! J’étais tellement contente !
Puis, ma première course chronométrée officielle de 2013 était en juin et je l’ai terminé en 37 minutes 2 secondes ! J’étais fière ! Le parcours était exigeant, beaucoup de faux plats, des cotes à monter… mais on ne descendait pratiquement pas !

Ce que j’ai noté grâce à la course, c’est qu’elle a amélioré ma forme générale. Nous faisons des randonnées dans les bois et montagne. Et je trouvais les montées vraiment difficiles, particulièrement les escaliers… j’avais du mal à retrouver mon souffle. L’été dernier, j’ai vu une ÉNORMÉE différence. Oui c’était difficile, mais je récupérais tellement vite que j’étais prête pour la prochaine montée. Je me surprenais moi-même et j’ai surpris les amis de mon copain ! 🙂

Ensuite, septembre 2013, le moment de refaire les mêmes courses que 2012 et vraiment voir la progression ! 36 minutes 43 secondes pour celle sur un parcours plat (40 minutes 53 secondes l’année précédente), mais le parcours était un peu différent, c’était 100% plat tandis qu’en 2012 on avait une cote à monter. Puis, encore deux semaines plus tard, la « cross-country». Malheureusement, je n’ai pas autant performé que j’aurais souhaité. Je l’ai terminée en 38 minutes 44 secondes. Je n’étais pas en forme du tout cette journée-là… Cependant, on voit tout de même de l’amélioration par rapport à l’année précédente.

Ces derniers mois, j’ai vraiment « slaqué » sur la course. La motivation était moins présente. Malheureusement, j’ai repris également quelques kilos. Les difficultés à concevoir un enfant jumelées avec la prise d’hormones…. enfin bref, oui j’ai un peu mangé mes émotions. Je n’ai pas pris énormément de poids ceci dit, mais il faut que j’arrête d’être dans cet état-là, dans cette pente-là…

Donc, l’objectif ultime de tout ça est bien sûr une perte de poids. On parle souvent de résolutions du Nouvel An, même si je n’aime pas dire ça ainsi, il reste que c’est quand même ça ! Comme nous sommes en début janvier… Et comme en ce moment nous attendons un rendez-vous dans une nouvelle clinique de fertilité, c’est un très bon moment pour me lancer dans ce « régime » (je ne trippe pas sur le mot).

En gros, j’ai deux objectifs : je souhaite courir un 10 km en 2014 (probablement en septembre) et je souhaite porter des leggings de taille médium au lieu de large…. hahaha. Je n’ai aucune objectif de temps pour le 10 km, on verra ! Parcontre, je souhaite perdre plusieurs dizaines de livres, je dirais 20 à 30 livres. Sur du long terme évidemment, sur plusieurs mois.

Quel est le plan ?
Premièrement, je dois dire que je ne dois pas me faire un plan ultra précis, je n’arriverai pas à le suivre, ça m’énerve. Vous savez ces régimes qui vous disent quoi manger et quand, en plus de quand faire du sport… Ce n’est pas pour moi !
Parcontre, je sais que je dois couper dans les féculents et les sucres. En tant normal dans l’année (lire : exclus le temps des fêtes hihi), je ne mange pas vraiment de desserts. Je vais manger des plats très simples et soutenants. Plusieurs petites collations santé pendant la journée. Pour souper, je ne vais manger que légumes et viandes. Boire beaucoup d’eau. Je me sers du site My Fitness Pal, qui aide à calculer le nombre de calories mangées et dépensées.

Côté sport. En revenant de travailler et avant de souper, je vais presque tous les jours bouger. Soit une course, soit une grande marche, soit du vélo stationnaire. Je vais également faire un petit peu de musculation. Chaque fin de semaine, une grande sortie, soit une grande marche ou une randonnée en raquettes, ou une plus longue course.

Et, mon copain et moi sommes allés dans un magasin spécialité (mon chum va dans ce magasin aussi, mais pour l’inverse de résultats que moi haha) et je me suis achetée des « fat burner », seulement pour un mois, pour me « starter ». Je pense vraiment que ça va me donner un bon coup de main. J’ai une bouteille de brûleurs de graisse ainsi qu’une autre qui aide à cibler les gras à faire fondre (et non les muscles !).

Je vais me rapporter à vous chaque semaine. Exercices faits, calories bouffées et dépensées.
Et le résultat sur la vlimeuse de balance…

Début : 5 janvier 2014 !
Et nous, prochain rendez-vous lundi le 13 janvier sur ce blog !
Psssst ! Suivez-moi sur Facebook, j’en parlerai là plus quotidiennement ! 😉

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Liens utiles :
http://www.kalenji-running.com/fr-FR/conseil/courir-pour-maigrir
http://www.troisfoisparjour.com/recettes/menu-sante
http://www.myfitnesspal.com/
http://www.casatv.ca/a-table/recettes/boites-a-lunch
http://www.pinterest.com/emotionsinvitro/perte-de-poids-course-sant%C3%A9/
http://la-banane-en-parallele.blogspot.ca/

Katia Pitre et Jaeden Lajeunesse Perrier

Vous l’avez sûrement vu à la télévision, sur les sites web de nouvelles ainsi que sur les médias sociaux, l’histoire de Katia Pitre, cette policière de Québec atteinte d’un cancer agressif. Elle a besoin de sous pour aller faire un traitement coûteux aux États-Unis. En peu de jours, tout un élan de générosité s’est créé autour d’elle. On peut suivre l’évolution des dons sur son site web www.katiapitre.com
En ce moment, elle a plus de 182 000$ d’amassés sur l’objectif de 312 000$. Et le chiffre a sans doute monté depuis que je suis allée voir en écrivant cet article. Mise-à-jour 19 décembre 9h14 : 229 000$

Je vous trouve vraiment très généreux. C’est fantastique, c’est vrai de voir tout cet argent amassé pour une seule personne. On le sait que le Québec est généreux, on le voit dans les téléthons, la guignolée des médias et autres événements du genre.

Sur twitter, je vois un paquet de « tweet» et de « retweet » de partages du lien vers le site web de Katia. Des inconnus, mais aussi beaucoup de personnalités connues.

L’automne dernier, Véronique Cloutier était passée à l’émission Tout le monde en parle et elle avait parlé du petit Jaeden Lajeunesse Perrier, qui est atteint d’une maladie qui lui donne une faible espérance de vie. Il ne devrait pas pouvoir voir son 5e anniversaire. Cette maladie s’appelle leucodystrophie métachromatique. C’est une maladie dégénérative du système nerveux.
Il est le 3e enfant atteint de cette maladie dans sa famille. Pourtant, tous les tests avaient été faits pendant la grossesse pour déceler la maladie et, à priori, tout était beau.
De voir ce mouvement autour de Katia Pitre me brise le coeur pour la famille de Jaeden

Jaeden Lajeunesse Perrier

Jaeden a besoin d’au moins 1 millions de dollars pour un traitement aux États-Unis. Peut-être que le montant fait peur ? Ils n’ont amassé que 23 489$. Pourquoi ? Pourquoi pour lui les gens ne se sont-ils pas autant mobilisés ?
Est-ce parce que nous sommes tout près du temps des fêtes que vous vous sentez plus généreux pour Katia Pitre ?

J’ai fait ma part… et j’ai publié sur twitter en m’adressant directement aux personnalités qui ont accepté de se joindre à la cause de Katia, ainsi qu’à dautres.
En espérant que la vague de générosité embarque Jaeden au passage…
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La salle de bain du sous-sol

Les partys, les réunions de famille. Ah ! que c’est dont le fun… Hum ! Pas tout le temps lorsque l’on fait partie d’un couple infertile.
Et avec ce temps des fêtes qui s’en vient, les réunions se multiplient. Les risques que ça tourne mal aussi.
Parce que c’est « le temps des réjouissances ». Parce qu’on nous demande « c’est pour quand le bébé ? ». Parce que certains sont pâmés devant les bébés ou la « bedaine » bien ronde de la cousine… Parce qu’à minuit au réveillon du jour de l’an, dans la foulée de la tournée des bisous et des souhaits, on nous souhaite encore « un bébé dans l’année ».

Oui. J’adore les réunions familiales. Plus particulièrement quand il y a beaucoup de monde. Encore plus particulièrement quand mes nièces sont de la partie ! Et bien souvent, ça se passe super bien. Bon, j’ai parfois un « motton » ou deux à faire passer lorsque quelqu’un parle de bébé ou de grossesse. Ça fait partie de la « game » je dirais, mais généralement, ça va. Je dis cette phrase-là pour ne pas que vous pensiez que je suis en dépresse totale à chaque party. Ce n’est pas le cas. Oui, c’est plus difficile pour moi, pour nous. On m’a déjà dit que « ça ne devrait pas être comme ça ». Ben écoute… ce sont mes émotions, elles m’envahissent. Nos essais pour un premier enfant s’allongent à plus de 7 ans et on essaie encore de me dire comment je devrais me sentir !

Il y a le party durant lequel se produit une annonce de grossesse. Si vous l’expérimentez ou que vous l’avez déjà expérimenté… C’est « weird », très « weird ». Il y a ceux qui sont en pâmoison devant la future nouvelle maman et le futur nouveau papa. Et il y a ceux qui vous jettent un regard de travers, qui savent bien comment vous devez vous sentir et, du coup, ne savent plus eux-mêmes comment réagir ou agir. Malaises.
La fois où ça nous est arrivé, il m’arrive de l’avoir encore à travers la gorge. Cette journée-là a TELLEMENT viré tout croche. Réellement, je ne savais plus où me « garrocher » tellement ça devenait absurde et tellement je me sentais incomprise. Parce que nous n’étions pas collés sur le groupe lorsque l’annonce s’est faite, sauf que nous avons tout vu et entendu. Et quand mon amoureux est allé les rejoindre, quelqu’un lui a dit : « Hey !! t’as manqué la bonne nouvelle !!! ». Je vous entends déjà devant votre écran vous dire « What the f*ck ? »… Ben oui. Aussi absurde que ça. Cette situation a été très dure à avaler et ça nous arrive encore d’en parler. Bien sûr, on s’est fait dire qu’« on devrait se réjouir pour les autres ». C’était pas tout à fait l’annonce comme telle le problème. On les a laissé vivre ça entre eux, on a fermé la porte de la pièce où nous étions ! C’est le fait que mon chum les rejoint et ce qu’on lui a dit.
On s’est fait dire « On a oublié… ».
Je ne savais plus quoi faire. Je ne voulais plus parler à personne, mais bordel, pourquoi tout le monde voulait me parler ? Mais pas de ça là ! Non non, de la pluie et du beau temps. J’ai à peine avaler ma pointe de pizza. Après je sors dans la cour et je tombe sur le papa-du-troisième-enfant-en-route-en-trois-ans en grande discussion avec une fille. Il lui dit qu’il songe à la vasectomie, mais que sa blonde en veut un quatrième, que lui, il n’est pas sûr. Mais c’était de ressentir sa fierté de mettre facilement sa blonde enceinte. Je l’ai entendu dire à quel point c’était facile… Comme je le connais plus ou moins, je me suis juste encore plus éloignée.

Environ 10 mois plus tard. Mêmes personnes invitées. « Mais comment te retrouves-tu dans les mêmes partys qu’eux si tu les connais à peine ? ». C’est le cousin du chum à ma belle-soeur. Ils sont comme des frères. En tout cas. Nouvelle réunion de famille et des amis aussi. C’est la fête de mon beau-frère. Petit bébé tout neuf est là et tout le monde trippe dessus « bin raide ». Ma belle-soeur et mon beau-frère ont 4 enfants (4 filles !). Et il y a eu plein de « tes ovaires doivent te travailler » et « un p’tit 5e mon homme ? Ça te va si bien un p’tit gars ! ». J’ai avoué à ma belle-soeur que je trouvais ça tough. La maman est aussi venue me voir pour m’offrir de prendre le bébé. Je lui ai dit que non… non… à chaque fois que quelqu’un l’a dans les bras, quelqu’un passe un commentaire. Je n’ai pas envie qu’on me dise quoi que ce soit… Les larmes m’ont monté aux yeux.

Tous ces partys qui virent que mes émotions ne demandent qu’une chose : SORTIR AU PLUS SACRANT… ils ont tous un point commun. Je finis toujours au même endroit : dans la salle de bain du sous-sol, la lumière éteinte, le ventilateur allumé. Je ne veux plus rien voir, je ne veux plus rien entendre (bin, à part le ventilateur). Foutez-moi la paix.
Le pire dans tout ça, c’est que j’arrive à le dissimuler de mieux en mieux. J’ai comme pas tellement envie de « péter ma coche » en plein party ou de me « donner en spectacle ». Anyway, pour ce que ça donne, pour que ce qu’on se fait dire… Aussi bien me cacher.
Seule avec moi-même, je me laisse aller à des pensées moins gentilles…  Ça passe de « Bande de cons ! » à « Bin oui toi, tu me niaises de vouloir me prêter ton bébé ». Tsé, évacuez… On en dit (ou pense) tous des choses quand on est en colère.
Personne ne remarqua mes yeux rougis ou tout le monde a fait semblant de ne pas le remarquer.

« Hé ! on te cherchait pour prendre une photo ! »
Vous n’avez pas assez bien cherché…

P.S. : Quand il n’y a pas de deuxième salle de bain, je me trouve une chambre en dernier recours. Souvent la plus éloignée. Ouais. Quand même. Je ne priverai pas tout le monde d’un besoin vital.
Ça m’est arrivé. Quand mon autre belle-soeur a dit « C’est facile faire un bébé. Tu fais l’amour pis t’attends. » C’était pas réfléchi du tout son affaire… J’ai retenu mon « motton » pendant un « boutte », mais je suis finalement allée me retirer dans une chambre. Personne n’est venu me voir sauf mon chum. Et après j’ai entendu ma belle-soeur dire (ouin, je n’étais pas assez loin ça l’air, c’est vraiment mieux la salle de bain du sous-sol !) : « Il va arriver quoi si je tombe enceinte avant elle ? ». Outch.


Le temps des fêtes
Les réunions du temps des fêtes, ce sont les réunions les plus difficiles pour les couples infertiles. Noël sans enfant alors qu’on en souhaite vivement. Puis, plus le nombre de Noël sans bedaine ou bébé s’additionne, plus c’est difficile. Malheureusement, l’entourage ne réalise pas vraiment toutes les émotions qui peuvent nous envahir pendant le temps des fêtes. D’autant plus qu’à son arrivée, déjà parfois quelques semaines avant, nous savons déjà que, encore, nous n’aurons pas de bonne nouvelle (miracle) à partager à nos proches.

Le temps des fêtes semble commencer plus tôt chaque année. À la radio, c’est à qui commencera le plus tôt les chansons de Noël… À la télévision, il y a une tonne d’émissions spéciales sur le thème.
On commence à intégrer le temps des fêtes à nos conversations du bureau, on planifie le party.
On s’obstine avec la famille pour décider des meilleures dates pour avoir tout le monde.
On passe un mois à être en mode « temps des fêtes ». Eurrrrk !

Moi aussi j’aimerais ça faire le truc « Attrape ton lutin » de BMR… Je vois la magie dans les yeux de mes nièces qui y croient tellement !
Ce sont ces petites choses de Noël que nous n’avons toujours pas la chance de vivre avec nos propres enfants…
Je perds la magie de Noël. Les décorations ne me disent plus rien…

J’ai cessé d’aller aux grosses réunions dans ma famille. J’ai une tonne de cousins et de cousines qui ont des bébés (ou que ça va venir). Je vais dans une seule, celle où vont mes cousines dont je suis le plus proche. Je ne suis pas « à l’abri » pour autant, mais cette soirée (le réveillon du nouvel an), c’est une tradition que je ne suis pas capable d’arrêter. Ça a toujours été ma fête préférée.
Même si lorsque sonne minuit, les voeux de nouvelle année, les souhaits de santé, bonheur et… bébé.
J’ai une tante, l’aînée de la famille (77 ans), qui m’a serré dans ses bras et m’a dit «Toi, ah toi, ça fait assez longtemps que tu attends… » [insérer un coeur]

Mise-à-jour 16 décembre 2013 :
J’ai longuement étiré la venue du moment de faire mes décorations de Noël car l’envie n’y était pas. Qui va le voir le sapin ? On ne reçoit pas. Non, je n’ai pas la magie de Noël en moi… Ça m’a honnêtement tout pris pour aider à la décoration à mon travail et c’était pour faire plaisir aux autres.
On m’a dit : « HEN ?!!! T’as pas fait de décos de Noël ?!! »
NONNN ! J’ai pas le goût ! Je feele «grinch», mais ne vous en faites pas, je gâcherai pas  VOTRE Noël.
Voyez-vous, c’est le 8e Noël de nos essais pour un premier enfant…


Voici un article publié sur la site web de l’Association Canadienne de Sensibilisation à l’Infertilité « Passez à travers la période des fêtes ».

Passer à travers la période des Fêtes, où les activités font souvent référence aux enfants et à la famille, peut s’avérer pénible pour les couples et les individus qui luttent avec des problèmes de fertilité. Cette période se veut la célébration de la naissance (de Jésus et de la nouvelle année), des miracles et des valeurs familiales. Ainsi donc, pour les patients qui sont aux prises avec l’infertilité et qui espèrent une naissance qui n’arrive pas, qui souhaitent leur petit miracle pour enfin devenir une famille, ce temps de l’année peut prendre des allures d’épreuves additionnelles. On est bombardé d’images d’enfants radieux et de parents heureux. Tout pour rappeler aux couples aux prises avec l’infertilité, ce qu’ils désirent plus que tout et ce qui leur manque le plus. En conséquence, plutôt que de vivre des sentiments de réjouissance et d’apprécier l’esprit de famille qui est dans l’air, les individus doivent souvent traverser une période de déprime et une impression d’exclusion par rapport à l’entourage, ce qui ne fait qu’ajouter la culpabilité au chagrin déjà grugeant. Voici donc une liste de suggestions pour vous aider à passer à travers cette période de l’année.
Article complet : http://www.iaac.ca/fr/318-139-passer-a-travers-la-periode-des-fetes

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Mois de décembre du Calendrier de Sensibilisation à l’Infertilité
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Mon endomètre de 12 mm et moi, on vous emmerde !

Quoi ? Han ? Quel est ce titre ?
Pour quelqu’un qui n’est pas familier avec les termes utilisés en infertilité, mon titre doit intrigué !
Ne nous inquiétez pas, vous allez finir par comprendre.

D’un côté, il y a nous, le couple qui ne réussit jamais rien du premier coup. De l’autre côté, il y a la clinique de fertilité.
Round 1. FIV (fécondation in vitro) 1. Stimulation ovarienne pendant une dizaine de jours, prise de sang et échographies pour savoir si mon corps répond bien à la stimulation. On compte 15 follicules. Prélèvement d’ovules (ponction). Une dizaine d’ovules, seulement 5 de matures et de qualité. Pas de fécondation. 0 embryon. Même avec l’ICSI (micro-injection d’un spermatozoïde dans chaque ovule).

Round 2. FIV1 prise 2. Stimulation ovarienne pendant 10 jours. Échographies aux 2-3 jours. 12 follicules, mais 2 sont trop petits. Ponction. 10 ovules récoltés. 9 matures fécondés par ICSI. 3 jours après la ponction, 6 embryons. On les rend au stade blasto (jour 5). À jour 5, on a un blasto de prêt, donc transfert. À jour 6, on m’appelle pour me dire qu’on m’en congèle 2 autres. Prise de sang négative, embryon jour 5 ne s’est pas accroché.

Round 3. TEC (transfert d’embryon congelé) 1. Je prends des hormones. On me fait une échographie endovaginale après 14 jours, mon endomètre est à 12 mm. Parfait ! Même que, très très bien ! On m’annonce qu’ils vont décongeler les deux blastos jour 6. Ils sont congelés ensemble, on les décongèlent ensemble, that’s it. Si les deux survivent, transfert double.

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Hon… on s’est tellement imaginé le scénario de rêve… le transfert double… peut-être des jumeaux… ça aurait réglé notre cas pour plusieurs années… Même si je rêvassais, je me disais que simple ou double, je voulais juste avoir droit à un transfert.

Appel fatidique le matin supposé du transfert : AUCUN des deux embryons ne va bien, ils dégénèrent. Pas de transfert.

Baon… c’était le topo, le résumé pour ceux et celles qui ne me connaissent pas.
Maintenant, je laisse parler mes émotions. Attention, elles sont à vif…

L’embryologiste était vraiment super gentille. Avant de me quitter, elle m’a dit « Ça va aller ?». J’ai dit la vérité « Euh, non ! ». (Je me demande encore comment j’ai fait pour ne pas éclater pendant les 2 minutes que j’étais au téléphone)
Aussitôt le téléphone raccroché, je me mets à gueuler que je ne suis PU capable et que j’en ai marre marre marre. Puis, je me mets à brailler. C’est de même que ça se passe lorsque des infertiles comme nous apprennent ce genre de nouvelles. Ce n’est pas de l’overract. C’est un mélange d’émotions jumelé aux foutus hormones que j’ai prises (pour rien en plus).

Mon niveau de colère et de frustration était aussi élevé que mon niveau de peine. Je vous laisse imaginer le brouahah d’émotions qui se passaient en moi. Une seconde je pleure, l’autre j’ai envie de tout détruire.

Vous savez, les étapes du deuil.
Le choc. Le déni. La colère. La tristesse. La résignation. La reconstruction.
Bin, c’est pas juste quand quelqu’un décède qu’on les vit.

Le choc quand l’embryologiste te dit que malheureusement il n’y aura pas de transfert. On ne s’attendait pas à ça. Tout était prêt. Mon endomètre de 12 mm était prêt (ça prend en haut de 7 mm si ma mémoire est bonne). On était prêt à monter dans la voiture direction la clinique (à 1h30 d’ici !)…

Le déni, de se dire que non c’est pas possible, ils doivent se tromper. Mais aussi le déni, je le vis encore un peu maintenant parce que mise à part sur les réseaux sociaux et les forums, je n’ai pas beaucoup parlé de ça. Ça rendrait trop officiel le drame. J’sais pas. Je me suis comme créée une barrière en m’occupant de plein d’autres affaires en même temps. Toutes pour ne pas penser.
Pis mon père doit se demander pourquoi je le rappelle pas. Je suis pas capable d’en parler… de lui en parler…

FRUE. Mais frue après qui ? Ahhh… la Terre entière, Dame Nature, nous-même, la clinique, l’embryologiste, le machin-truc qui contenait nos embryons… on devient en « esti » après tout. La recherche d’un ou plusieurs coupables.
En écrivant sur un forum cette journée-là, j’ai dit que je leur en voulais d’avoir « tué mes embryons ». Je le sais. C’était complètement irrationnel ! Mais c’est frustrant. La première FIV, rien n’avait fécondé. La deuxième, ça avait mieux été avec nos 3 blastos au final. Mais bon Dieu tout ce qu’il a fallu faire pour arriver à les créer ces 3 embryons ! C’est difficile de se dire qu’ils sont disparus à tout jamais…
Puis, en discutant sur des forums, j’ai eu des réponses qui m’ont « shakée » pas à peu près. Et tout ça n’a pas aidé à diminuer mon seuil de frustration. Parce que beaucoup de filles n’aiment tout simplement pas ma clinique de fertilité et que… quand on regroupe des cas provenant de cette clinique, on se rend compte qu’ils ne font vraiment pas beaucoup de transferts. Oh, le taux de grossesse est quand même bien élevée.. Mais disons qu’ils se donnent des chances en ne transférant que des blastos, donc moins de transferts au total. On ne calcule pas les embryons perdus dans les statistiques. Je serais bien curieuse de lire ça moi…

Quand le shift tristesse dit « moi, j’embarque », on attache notre tuque… Parce que dès que les larmes coulent, elles sont difficiles à arrêter.

La résignation. C’est parce que, t’as pas vraiment le choix d’arriver un moment donné à cette étape-là, à moins d’être dans un déni complet. On se résigne pas parce qu’on souhaite se résigner, mais parce que y’a pas vraiment d’autres issus. ON NE PEUT JUSTE RIEN Y FAIRE.
La FIV numéro 1, celle qu’il a fallu EN PLUS refaire 2 fois, n’aura donné qu’un seul #!&?&!*?#@ de transfert. Mais on ne peut rien y faire, c’est comme ça.

Oui, la résignation est atteinte. Mais pour l’acceptation, ça, c’est une autre paire de manche.

Se reconstruire. J’ai beaucoup de mal à me dire « Go ! on va faire une autre fiv au plus sacrant ! ». Non. On a une fiv de perdue. Ça me fait peur d’en refaire une autre qui arrive aux mêmes résultats pis qu’ensuite il n’en reste qu’une seule et se retrouver comme si on était sur le bord d’un précipice. Dommage que ce soit aussi dispendieux quand le gouvernement n’en paie pas une partie (ah, non, il ne paie pas pour tout en ce moment si jamais je vous l’apprends…). J’ai pas tellement le goût non plus de recommencer les injections de stimulation ovarienne, de repasser par le prélèvement d’ovules et par tout le stress de l’attente de l’appel de l’embryologiste.
Bon… avant d’en arriver là, il y a l’attente des rendez-vous, alors ma première étape de reconstruction a été de prendre des rendez-vous.
Ensuite, on verra…